Une pratique de plus en plus répandue dans certains établissements scolaires d’Haïti suscite de vives inquiétudes parmi les acteurs de la protection de l’enfance. Des élèves âgés de 12 à 16 ans organisent et reçoivent des « surprises amoureuses » en pleine période scolaire, aussi bien dans les salles de classe que dans les cours d’école.
Prestations musicales, remises de cadeaux, dédicaces amoureuses et mises en scène publiques rythment désormais le quotidien de certains établissements. Ces scènes sont fréquemment filmées puis diffusées sur les réseaux sociaux, où elles deviennent virales, exposant ainsi des mineurs à une visibilité massive et incontrôlée.
La note d’alerte de JECO
Dans une note officielle, l’Organisation Humanitaire JECO dénonce une dérive préoccupante et met en garde contre les conséquences graves de ces pratiques sur les enfants de moins de 18 ans. L’organisation estime que la banalisation des relations amoureuses précoces en milieu scolaire constitue un danger réel pour le développement émotionnel, psychologique et social des mineurs.
Selon JECO, la pression sociale liée à la viralité sur les réseaux sociaux pousse de nombreux enfants à s’engager dans des comportements qu’ils ne maîtrisent pas, uniquement pour attirer l’attention, être acceptés ou gagner en popularité. Cette exposition précoce fragilise les enfants et les rend plus vulnérables aux manipulations, aux abus et aux violences.
L’implication inquiétante de personnes majeures
La note de JECO souligne également un aspect particulièrement alarmant : l’implication présumée de personnes majeures qui profiteraient de cette tendance pour se rapprocher des mineurs, en organisant, finançant ou encourageant ces « surprises ». Pour l’organisation, cette situation représente une menace directe pour la protection de l’enfance et ouvre la porte à des formes d’exploitation et d’abus.
Appel aux autorités et aux partenaires
Face à cette situation, l’Organisation Humanitaire JECO lance un appel pressant à l’IBESR, aux autorités éducatives, aux directions d’écoles ainsi qu’aux parents, afin que des mesures immédiates soient prises. JECO recommande notamment le renforcement de la sensibilisation sur les dangers des relations amoureuses précoces, l’encadrement strict de l’utilisation des téléphones et des réseaux sociaux en milieu scolaire, ainsi qu’une vigilance accrue autour des activités impliquant des mineurs.
Pour JECO, l’école doit rester un espace sécurisé, exclusivement dédié à l’apprentissage et à l’épanouissement des enfants. La protection des mineurs de moins de 18 ans face aux dérives liées aux relations amoureuses précoces n’est pas une option, mais une responsabilité collective qui exige une réponse urgente et coordonnée.