Haïti : la FRAKKA alerte sur une crise multidimensionnelle et appelle à une mobilisation populaire
avril 23, 2026
0
Port-au-Prince, 17 avril 2026 — Dans une note publiée récemment, la Force de Réflexion et d’Action sur la Question du Logement et de l’Alimentation (FRAKKA) dresse un tableau
Port-au-Prince, 17 avril 2026 — Dans une note publiée récemment, la Force de Réflexion et d’Action sur la Question du Logement et de l’Alimentation (FRAKKA) dresse un tableau préoccupant de la situation sociopolitique en Haïti. L’organisation dénonce une aggravation continue des conditions de vie de la population, marquée par la corruption, l’insécurité, la faim et des violences répétées.
Selon la FRAKKA, depuis plus de huit ans, la population haïtienne évolue dans un contexte dominé par des crises multiples. L’organisation souligne que chaque nouveau gouvernement semble accentuer les difficultés déjà existantes, laissant les citoyens dans une situation de plus en plus précaire.
La note met en évidence plusieurs réalités alarmantes : plus de 320 camps de personnes déplacées à travers le pays, une grande partie de la population confrontée à l’insécurité alimentaire, ainsi que des massacres signalés dans plusieurs départements. Malgré cela, l’État haïtien, sous l’influence d’institutions internationales, a procédé à une nouvelle augmentation du prix du carburant, alors que le salaire minimum reste inchangé depuis plusieurs années.
La FRAKKA critique vivement ce déséquilibre économique, illustrant qu’un travailleur de la SONAPI ne peut même pas couvrir le coût d’un gallon de carburant avec une journée de travail. Une situation qui, selon elle, reflète le profond décalage entre les discours officiels et la réalité vécue par la population.
L’organisation pose également une série de questions sur les véritables bénéficiaires des politiques publiques actuelles : s’agit-il des personnes contraintes de fuir leurs quartiers à cause de la violence des gangs, des victimes de massacres dans différentes régions, des déplacés vivant dans des conditions précaires, ou encore des paysans incapables de cultiver leurs terres en raison de l’insécurité ?
Pour la FRAKKA, la réponse est claire : les politiques mises en œuvre ne servent pas les intérêts du peuple, mais plutôt ceux d’une élite corrompue et des classes dominantes. Elle accuse les autorités de favoriser des accords économiques défavorables, de multiplier les zones franches et de signer des contrats au détriment des ressources nationales.
Par ailleurs, l’organisation affirme que le gouvernement actuel n’a entrepris aucune action concrète pour résoudre la crise sécuritaire. Elle salue cependant les initiatives de résistance citoyenne observées dans certaines régions, notamment à Jacmel, et encourage une mobilisation plus large à l’échelle nationale.
En conclusion, la FRAKKA lance un appel à la population haïtienne à se mobiliser pour transformer le système actuel. Elle insiste sur la nécessité d’un changement profond, visant à instaurer un État au service de la majorité, capable de répondre aux besoins fondamentaux du peuple.